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    Oblivion

    Spectacle de Théâtre Musical de Sebastian Rivas pour 2 Voix, 3 instrumentistes et Installation sonore. Commande d’Etat.

    « Le point de départ de ce projet prend racine dans la découverte à Palerme du « Trionfo della morte » impressionnante fresque anonyme de 1446, qui n’est pas sans rappeler le « Guernica » de Picasso. De cette découverte est né l’interet que je porte à la thématique des vanités dans l’histoire de l’art, comme un vecteur transversal qui a semé toutes les disciplines artistiques, des octonaires de de La Roche Chandieu mis en musique par Paschal de l’Estocart ou Claude Lejeune, au plus récent Mémento Mori de Pascal Rambert, les œuvres du plasticien Damien Hirst ou les performances de Marina Abramovic, en passant par l’esthétique du syncrétisme mexicain, la nouvelle « l’immortel » de Borges... pour n’en citer qu’une poignée. Ce discours émerge avec une force remarquable en Occident à partir de la moitié du XVIe siécle et semble traverser les ages, se renouveler tout en réincarnant très souvent les icones du genre. Le discours des vanités porte en lui, implicitement, le principe moral d’un nécessaire et souhaitable « mépris du monde », un discours du détachement basé sur l’argument de la fugacité et de l’instabilité de tout ce qui appartient à la sphère humaine et temporelle. Car si les Vanités dénombrent tout ce que peut produire et rassembler la nature humaine, c’est pour mieux la montrer fragile, vouée à la corruption : les biens de ce monde sont, dans l’inventaire sombre des Vanités, frappés de précarité, rongés par le voisinage toujours pressant de la mort, de l’anéantissement. Et c’est bien cette menace constante et inéluctable qui les met en suspicion : trop instables, trop fugaces, ils ne sont rien donc sinon de la tromperie, de l’illusion.


    Dans le monde d’aujourd’hui la dématérialisation de la mémoire sur des supports numériques pose à nouveau ces questions existentielles quant à la notion de pérennité, d’archive, d’accumulation d’information et de son inévitable effacement.
    Le projet Oblivion prend racine dans ce corpus de textes, d’iconographie, de réincarnations et d’intertextualités qui traverse de facon transversale les genres et les temps. Il est basé sur la dualité incarnation/désincarnation au travers d’une installation sonore pérenne et d’un spectacle hybride de théatre musical. La globalité du projet est pensé dans la globalité de l’espace de l’église Saint-Pierre-le Jeune. D’une durée d’une heure 10, le spectacle est basé sur un texte fait de multiples interceptes tirés des « Octonaires sur la vanité du monde » Antoine de LaRoche Chandieu, de l’Odyssée, du conte « L’immortel » de Jorge Luis Borges, et de « Les os d’écho » de Beckett. »
    (Sebastian Rivas)